
Déclaration de la FCAB à l’occasion du Mois des bibliothèques au Canada 2026
October 1, 2026
Au nom des bibliothèques du Canada, la Fédération canadienne des associations de bibliothèques ouvre le Mois des bibliothèques au Canada 2026 en réaffirmant le droit de lire au Canada, un droit qui ne doit être limité ni en fonction de l’âge ni en fonction de l’opinion du gouvernement.
Alors que les jeunes de l’Alberta se heurtent à de nouvelles limites à leur liberté de lire dans les bibliothèques publiques et que leurs choix de lecture font l’objet d’un examen accru, les bibliothèques de partout au Canada s’unissent pour affirmer que la liberté intellectuelle et la vie privée demeurent essentielles à une prise de décisions éclairée et à une démocratie saine.
En vertu des nouvelles exigences de l’Alberta, l’accès à certains documents licites dans les bibliothèques ne pourra plus se faire de façon libre ou privée. Les bibliothèques doivent séparer physiquement ces documents, en contrôler l’accès, en surveiller la consultation et établir des processus permettant de vérifier l’âge et l’autorisation parentale. Les nouvelles exigences transforment l’accès libre aux documents des bibliothèques en un processus de surveillance et d’autorisation imposé par le gouvernement.
La population canadienne devrait comprendre que les changements imposés aux bibliothèques de l’Alberta instaurent à la fois la censure et la surveillance. Bien que le gouvernement n’ait pas désigné les titres précis auxquels les bibliothèques doivent restreindre l’accès, des représentants du gouvernement ont indiqué les types de documents visés. Les bibliothèques de l’Alberta ne peuvent pas déterminer si leurs collections sont appropriées ni si l’accès à ces dernières demeure entièrement libre.
Depuis des décennies, les bibliothèques canadiennes soutiennent les principes universels de la liberté intellectuelle énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et en font la promotion, notamment la liberté d’opinion ainsi que la liberté de chercher, de recevoir et de répandre les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit, sans considération de frontières. Nous sommes profondément préoccupés de voir un gouvernement au Canada s’engager sur la voie de la censure et de la surveillance accrue des choix de lecture de la population.
Les affirmations selon lesquelles les enfants sont mis en danger dans les bibliothèques donnent une image inexacte du fonctionnement des bibliothèques et sortent les documents de leur contexte afin de susciter la peur. Les parents et les personnes responsables ont déjà le droit et la responsabilité de guider les choix de lecture de leurs enfants, et les bibliothèques disposent de mécanismes pour aider les familles à exercer ce rôle.
Nous appelons la population de l’Alberta à prendre la mesure de la gravité de cette législation et à œuvrer au rétablissement du droit de lire des jeunes ainsi que du droit de toute personne de ne pas faire l’objet d’une surveillance par le gouvernement dans les bibliothèques. Nous appelons également les administrations locales et les gouvernements provinciaux du Canada à appuyer les bibliothèques. Ils doivent empêcher que les initiatives de censure ne se propagent et défendre le droit de toute personne de faire ses propres choix de lectures.
(Via Fédération canadienne des associations de bibliothèques)
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